Tarek Aïtmeddour, Résister.

Tarek Aïtmeddour est le chorégraphe de Résister, interprété par la compagnie Colégram, , une création envoutante où les danseurs et les danseuses vêtus de robes blanches vous emportent dans le rythme de la vie. Résister dévoile la force des corps à se libérer malgré les contraintes, une métaphore de nos ambivalences, de notre capacité à dire non aux diktats. La force des phrases dansées vous enivre. Résister devient alors hautement poétique, emballement des corps qui s’aiment, se repoussent, se rencontrent et se cherchent.
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Quel est votre parcours et quelles sont vos influences?
Mon parcours débute avec le judo, n’ayant pas eu le choix, j’ai du m’initier à la philosophie des arts-martiaux. Je dois reconnaitre que cela m’a beaucoup apporté, dans ma perception du mouvement, dans ma perception du toucher et dans mon ancrage entre autre. Par la suite, je m’émancipe en rejoignant une école professionnelle de formation de danse, à Paris, où j’apprends une danse multiple, urbaine, académique, riche. Je rencontre de plus en plus de chorégraphes tel que Claude Brumachon qui va venir affirmer mon désir de travailler auprès de lui. Chose faite, deux ans plus tard j’intègre le CCN de Nantes et le travail de répertoire de la compagnie. Plusieurs expériences jalonnent mon parcours, des opéras tel que Iphigénie en Tauride au théâtre des Champs Elysées avec Philippe Giraudeau, des créations tel que Alcione à l’opéra comique avec Raphaelle Boitel, ou des laboratoires expérimentaux tel que Danceline au Royal Opera de Londres avec Kim Brandstrup. Au gré de toutes ces aventures, je finis par créer en 2016 ma propre compagnie, Colégram, et commence alors un travail de recherche, de créations, de répertoire et de projets de médiation.
2/ Il se dégage beaucoup de force et d’énergie dans votre spectacle, comment s’est déroulé le processus de création?
Le processus de création de Résiter trouve son origine dans la vidéo qui a fait connaitre le projet auprès de 2 millions d’internautes. J’avais le désir de parler de femmes et d’hommes comme s’ils n’étaient qu’un. des inspirations de figures emblématiques telles que Rosa Parks, Gandhi. J’avais ce besoin incompréssible de traduire cette urgence de voler, de s’immobiliser, de s’aimer. De cette création vidéo découle l’envie de créer la pièce au plateau. Et c’est parti. Quatre semaines de création, huit danseurs interprètes, et la première de Résister le 26 octobre 2019 au théâtre de Nevers.
3/Racontez-nous les origines de votre compagnie, Colégram:
Colégram nait du désir de créer, de partager, de transmettre et d’aider. Je crée la compagnie en 2016 mais l’activité démarre deux ans plus tard. Je manquais de structure pour avancer, mais ma rencontre avec Cécile Combaret a tout changé.
Elle est depuis la présidente et la bonne fée de cette compagnie.
La compagnie explore dans ses créations de répertoire, mais également dans ses ateliers et ses projets de médiation.
J’ai pensé Colégram comme une pouponnière de création mais aussi comme un vecteur de pédagogie et de transmission à travers nos interventions, dans des Ehpad, des Cao, et établissements inclusifs.
4/ En tant qu’artiste et surtout danseur,comment vivez vous cette pandémie ?
il est évident que la crise sanitaire que nous traversons impact de manière majeure tout notre équilibre, notre si fragile équilibre.
En tant qu’artiste, chorégraphe et interprète, je dois avouer que de ne pas danser me manque au plus au point. Qui plus est, tout artiste subit le manque cruel de ne pas partager son art à autrui – là est l’essence même de l’art : l’artiste se soulage, le spectateur se guérit.
J’aime à croire que toute cette frustration stimulera la création à venir, néanmoins, je crains la porte de sortie pour nombreux artistes, talentueux de surcroit.
Je tente de garder une hygiène de vie saine, de rester patient et philosophe, de prendre soin de moi pour repartir chargé et plus fort. je réorganise d’ors et deja le planning à venir.
Difficile d’être inspiré en tout cas serein dans de telles conditions, mais de cela, nait l’envie d’aller de l’avant et de créer et toujours danser, toujours.
5/Quels sont vos projets pour après?
Les projets à venir sont nombreux, d’abord dus aux reports mais aussi des projets de création.
J’étais en pleine création pour Le Bal (ma prochaine pièce pour 4 interprètes) quand nous avons du tout arrêter, reportée au 18 février 2022 à Nevers. Je suis en train de créer Ventisei, un personnage mystérieux, que j’incarne dans un solo de 20 minutes, en collaboration et co-écrit avec Sébastien Amblard, comédien et metteur en scène.
Par ailleurs, la compagnie prépare le projet Cycles, un documentaire réunissant jeunes et moins jeunes, dans des ehpad, pour  raconter la beauté de la vie dans ce pont bilatéral entre jeunesse et vieillesse, l’amour, la chair, la vie de ces corps qui se parlent, qui s’écoutent, qui prennent le temps de danser et qui définitivement ont besoin les uns des autres.
Je travaille également auprès de l’orchestre de chambre de paris, en tournée dans la pièce BaBy Doll, et pour finir je réorganise les dates de la compagnie pour Tawam, Résister, Le Bal et Ventisei, chance que les théâtres nous ayant achetés nos spectacles nous les reprogramment. Mais jusque qu’en ?
Voila toute la patience qu’il va falloir cultiver.


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